Marseille, Capitale Européenne de la Culture et Ville Numérique sur la Place de la Toile

Place de la Toile, la rencontre hebdomadaire du numérique sur France Culture

Place de la Toile, la rencontre hebdomadaire du numérique sur France Culture

A l’occasion du lancement de Marseille Capitale Européenne de la Culture, l’émission de France Culture Place de la Toile s’intéressait le 12 janvier 2013 à « Marseille Ville Numérique ».

3 personnalités locales nous faisaient découvrir leur territoire sous l’angle du numérique :

Jean-Marie Angi, DSI de la Ville de Marseille
Martine Sousse, Directrice de la Boate, un lieu de co-working intégré au réseau des Cantines
Jean Cristofol, Philosophe-Enseignant à l’Ecole des Beaux-Arts de Marseille.

Le débat abordait les questions des infrastructures numériques, de l’impulsion des acteurs publics et de la co-création par les citoyens…
Vous pouvez rejouer cette émission en podcast ou en découvrir ici ma propre synthèse.

Les infrastructures d’une ville-port numérique

La question de « Marseille Port Numérique » permet à Jean-Marie Angi de rappeler que le vieux port qui a vu tant d’échanges méditerranéens depuis 2600 ans est devenu également un port de télécommunications : « C’est à Marseille qu’arrivent la plupart des grands câbles opérateurs qui traversent les océans et qui font de Marseille la porte de l’Europe. Nous sommes un hub de télécommunications pour relayer l’information à travers toute l’Europe .»

Jean Cristofol, interpellé sur les notions d’imaginaire et d’aventures rattachées traditionnellement aux ports maritimes, fait immédiatement le lien entre les services et  les infrastructures : «  Un port numérique, ça crée de l’avenir. »

Soiée de lancement Marseille Capitale Européenne de la Culture (source : LeNouvelEconomiste.fr)

Soirée de lancement Marseille Capitale Européenne de la Culture (source : LeNouvelEconomiste.fr)

La couverture du territoire marseillais en technologies est abordée, Jean-Marie Angi rappelant que « ce qui intéresse les Marseillais, c’est d’avoir des communications performantes, mobiles et d’être bien couverts. »  Malgré la rocaille et l’étalement urbain, 98% de Marseille serait couverts en 2 Mb/s, dont 44% en FTTH (progression de +30% en deux ans).

« Il y a une collaboration très proactive entre les opérateurs et la Ville de Marseille, pour utiliser au mieux l’espace public, une fois pour tout le monde. Il n’est pas question de re-trouer sans cesse les rues et lorsqu’un opérateur passe, les autres passent aussi et nous avec. ».
Un couplet qui rappelle avec une pointe d’accent méridional le refrain classique cher à la Manche : « Travaux égale fourreaux ».

La ville par les acteurs publics et les citoyens

« Le mieux vivre ensemble et le numérique  sont représentés  par un élu commun qui veut couvrir l’ensemble des quartiers de Marseille, Monsieur Daniel Sperling.  La vision est à la fois politique et numérique », évoque Jean-Marie Angi.

« Oui mais », semblent répondre les deux autres intervenants qui insistent sur le fait que les habitants sont devenus des acteurs de leurs besoins et que les quartiers de Marseille ne pourront se satisfaire d’une solution pensée pour eux et proposée uniformément à l’ensemble des quartiers et de leurs habitants.

Les formes d’appropriation par les jeunes et les communautés d’usages se développent tellement qu’elles sont à présent centrales dans la culture des jeunes générations. En conséquence, Martine Sousse assure qu’en matière d’opendata, « l’appétit des créateurs d’application est immense. Ils ne se posent plus la question de la mobilité. ». Le franchissement des limites territoriales et la forme et la continuité des données libérées restent un sujet, pour l’ensemble des acteurs du territoire. De même, « La ville se développe autour de pôles d’innovations, comme Marseille Innovation ou le pôle Euromed,  qui changent les modes de développement économique et la gouvernance.»

Si la ville peut se concevoir comme une superposition de couches (des câbles, de la mobilité, des données numériques…), la ville numérique n’efface pas les autres formes de la ville ; c’est une dimension augmentée qui offre de nouveaux potentiels et permet de nouvelles pratiques.

Penser différemment les rouages de la ville

La manière d’appréhender la ville est à repenser, selon Jean Cristofol :  « On est face à une rupture profonde (…), une évolution culturelle relative à la manière de percevoir le rapport à l’espace et au temps. Nous avons construit une représentation d’un espace  unifié, continu et relativement homogène et nous sommes en train de sortir de cet espace-là ; nous rentrons à présent dans un espace feuilleté, qui comporte des spatio-temporalités différentes. Ce qui devient de plus en plus important, ce n’est pas tant les points à l’intérieur de cet espace que les zones d’articulation des différentes couches à l’intérieur de l’espace. Ce qui devient sensible, ce sont les lieux de pouvoir et de création, les lieux qui articulent ces espace-temps, et qui ont des durées et des vitesses différentes. »

En conclusion, Jean-Marie Angi affirme que le numérique réduit les déplacements contraints et facilite ainsi la vie du citoyen : « Il y a un mariage entre le mieux vivre et le numérique. Et le numérique doit apporter un mieux vivre à Marseille. »

Vous pouvez podcaster cette émission de 35 minutes sur le site de France Culture.

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5éme anniversaire de l’iPhone : vrai impact sur la Smart City

Vous souvenez-vous du tsunami du 29 juin 2007 ?

Apple Iphone 4S (source : http://www.apple.fr)

Ce jour-là, Apple lançait un nouveau produit révolutionnaire par son interface utilisateur et la plateforme Itunes, une salle de marché proposant podcasts et applications réalisées par une communauté de développeurs.

5 ans plus tard et après 250 milliards d’iPhones vendus, ce nouveau business aurait généré pour Apple plus de 150 milliards de dollars, selon l’analyste Strategy Analytics. Ce raz-de-marée a su dans un premier temps ravir les geeks et convaincre par son interface le plus grand nombre, moins attiré par la technologie-pour-la- technologie. Qui ne s’est pas étonné (et émerveillé ?) de voir de jeunes enfants feuilleter les photos de famille sur cet appareil ? De vrais natifs technologiques !

Les études Cisco sur les évolutions du marché de la mobilité et le trafic Internet démontrent  la croissance du marché des tablettes et des smartphones, qui passera de 280 millions d’unités installées en 2011 à près de 1,6 Milliards en 2016. La vigueur du marché se mesure aussi à l’innovation et au degré de concurrence; si l’iPhone d’Apple avait su déstabiliser les anciens leaders (Nokia, Blackberry…) de la téléphonie mobile, il fait face à une nouvelle opposition, représentée par Google Androïd. La communauté élargie de développeurs dont bénéficie cet OS est en phase avec l’écho favorable obtenu auprès de fabricants de téléphones à qui la firme de Cupertino fermait la porte. Samsung Galaxy est en pointe dans cette nouvelle bataille et élargit à présent son marché des geeks vers un public étendu. Les courbes pourraient s’inverser prochainement… à moins que Microsoft retrouve une vraie place, après de nombreuses tentatives échouées. L’ancien Compaquien que je suis se souvient encore des heures glorieuses de conquête de l’Ipaq face à Palm… Force est de constater que le marché a bien changé. On a tous nos dinosaures !

LA VRAIE REVOLUTION N’EST PEUT-ETRE PAS SUR LE TERMINAL

Pour Cisco, les services proposés (et notamment les services cloud) comptent à présent plus que le device (le terminal), ce qui explique les choix stratégiques opérés à propos de la tablette CiusLa vraie transformation a été l’arrivée des applications mobiles et des plateformes de marché. Des applications à faible coût ont connu un vrai succès populaire et une vraie réussite commerciale.

Des grandes tendances se dessinent à présent :
– la généralisation des applications de services de géomobilité  pour se répérer dans la ville : cela concerne les moyens de transports, les réservations d’hôtel, les services de type « pages jaunes », la réservation d’un espace de co-working, facilités par la compréhension de la géolocalisation.

Application multimodale par HotCity Luxembourg (source : hotcity.lu)

l’ouverture des données publiques renforce cette tendance, où la multi-modalités (tramway+bus+parking+velib+autolib+marche à pieds+…) apporte une expérience convergée en regard des services de spécialité proposés initialement par les acteurs du transport : toutes les données convergent dans une application unique, pour vous simplifier la vie.
les services de la vie courante sont à présent globalement disponibles sur ces environnements (banque, SNCF, météo…), ainsi que la presse.

Webex : participez aussi en mobilité !

– les réseaux communautaires ont pris une nouvelle ampleur avec cette mobilité qui permet de faire vivre l’instantanéité (Facebook, LinkedIn, Viadeo, Twitter…), jusqu’à déclencher parfois, avec peu de caractères, de nouveaux tsunamis.
– les applications de communication unifiée (et plus généralement les applications Cloud) sont accessibles sur les smartphones, conciliant collaboration et mobilité, comme avec Webex ou Jabber.

WorkSnug indique les espaces de co-working se situant à proximité dans Amsterdam (source : Bas Boorsma, Cisco)

la réalité augmentée se développe pour voir la ville sous d’autres dimensions et visiter le patrimoine en comprenant visuellement son évolution dans le temps.
Une liste exhaustive des avancées serait bien longue…

LA SMART CITY PASSE AUSSI PAR LES SERVICES MOBILES AUX CITOYENS

Une conclusion partielle est que la smart city doit penser le service mobile aux citoyens. Complémentaires des offres de services habituelles, les services mobiles contribuent à délester les accueils physiques sur certaines questions et à impliquer le citoyen sur la gestion de la ville (à l’image des projets de type FixMyStreeet où les habitants sont invités à remonter les problèmes de voiries ou de dégradation de mobilier urbain). Le touriste et le visiteur occasionnel bénéficieront également d’un point d’entrée simplifié vers la ville.

LES CHALLENGES A RELEVER : NFC, SECURITE, OPENDATA… ET ARCHITECTURE !

L’évolution concerne aussi différents aspects de technologie et d’infrastructure :

Le paiement sans contact (NFC) pourrait conduire à une réorganisation de marché, où les opérateurs et les constructeurs redéfinissent leurs postions : quel est le moyen de paiement ? Est-ce la carte SIM ? Une carte support multiservices ne serait-elle pas plus appropriée pour les collectivités (A quel niveau? Par qui ? Quel logo ?). Le téléphone lui-même pourrait être un excellent support puisque potentiellement reconnu même lorsqu’il est à court de batterie.
La question technologique s’efface derrière une vraie bataille stratégique où la fidélisation du client (la connaissance de ses habitudes de consommation et de déplacement) sont au cœur du débat.
La question de la sécurité du NFC est posée par certaines études, et l’on peut penser que la relation entre les bornes de paiement et le système central pourrait être sécurisée par une remontée des flux à travers le réseau métropolitain et notamment le wifi, possiblement très sécurisé. Le NFC est aussi cette partie émergée de l’iceberg qui masque une architecture sous-jacente qui se doit d’être solide.

La sécurité avec le smartphone concerne naturellement les préoccupations liées à la sécurisation des systèmes d’information face à la montée du BYOD (Bring-your-own-device, c’est-à-dire l’utilisation des terminaux propriété individuelle au sein de l’entreprise).

L’ouverture des données publiques (OpenData) est une belle tendance… qui devra trouver son modèle économique, dépendant notamment des modes  de standardisation et de distribution des jeux de données, impactant la faculté des éditeurs à rentabiliser leurs développements sur des territoires élargis.

Hotcity Luxembourg, plateforme de services de mobilité susceptible d’être répliquée sur d’autres territoires (via les connecteurs avec les données locales)

Le déploiement des réseaux mobiles (3G/4G…) renforce l’intérêt d’une couverture wifi et du très haut débit. La réalisation de la plateforme de services de mobilité Hot City Luxembourg, démontre que non seulement une couverture wifi du territoire permet d’offrir des services de mobilités pour tous les dispositifs wifi (dont les ordinateurs portables et les postes fixes) mais qu’elle permet aussi aux opérateurs de téléphonie mobile de délester une partie de leur trafic data vers cette couverture wifi qui s’appuie sur le réseau métropolitain très haut débit. Le wifi urbain est un moyen de limiter la saturation d’une bande passante partagée. C’est aussi un bon moyen de maitriser le déploiement des antennes de téléphonie mobile sur nos paysages urbains.

Si l’iPhone a changé la donne en matière de services mobiles, une vérité reste : la smart city ne peut reposer que sur des infrastructures de communication performantes et agiles pour offrir aux citoyens le meilleur des services, parfois mobiles. Le chantier du très haut débit ne se résume pas au FTTH (Fibre jusqu’à l’abonné) : le wifi apparait comme un prolongement naturel d’une infrastructure physique qui facilite les services mobiles.

Pour en savoir plus :

L’importance de l’infra pour le BYOD sur le blog Cisco Réseaux
Jabber, le client unifié de collaboration et Webex, la webréunion sur le blog Cisco Collaboration
Hot City Luxembourg, une plateforme ouverte et paramétrable pour votre territoire (par conventionnement entre villes)
Etudes Cisco sur les évolutions du marché de la mobilité et le trafic Internet

Les 6 et 7 juin 2012 à Nice : « Innovative City » pour une vision intégrée des Smart Cities

Les 6 et 7 juin 2012, Nice accueillera Innovative City Convention, un évènement international autour des Smart Cities.

Innovative City propose une approche intégrée de la Smart City, pour faciliter le déploiement et la gestion de services dans des domaines très variés, de la sécurité publique à tout ce qui a trait à la santé, l’éducation et la qualité de vie,  en passant par la gestion des flux (mobilité, eau, énergie, communications…) et le développement durable.

Vue intégrée de la Smart City
(Source : Innovative City)

Christian Estrosi, Député-Maire de Nice et Président de la Métropole Nice Côte d’Azur et Michel Destot, Député Maire de Grenoble et Président de l’AMGVF (Association des Maires des Grandes Villes de France), ouvriront la convention.

Innovative City s’articule autour de conférences thématiques et de divers temps forts, telle une session « CleanTuesday sur le sujet des SmartGrids pour Smart Cities ». Vous aurez aussi l’occasion de découvrir des applications sur l’espace d’exposition.

Cisco est Partenaire Premium de cet évènement.
Différents intervenants du programme « Smart & Connected Communities » participeront aux conférences et vous accueilleront sur le stand Cisco.

Pour en savoir plus :

Télécharger le programme des conférences
Pour vous inscrire

Introduction à l’approche Smart and Connected Communities (Vidéo)

«La ville connectée n’est pas la cible, c’est le minimum pour pouvoir produire les services efficacement. »
Wim Elfrink, Vice-Président Cisco, Division Solutions émergentes à l’occasion du New Cities Summit (CNIT, 14 mai 2012)

Quels sont les challenges qui poussent les territoires à s’organiser en « Smart & Connected Communities » ?
Quels leviers actionner pour favoriser l’émergence d’une plateforme métropolitaine de services, supportant les services actuels et favorisant le déploiement des futurs projets ?
Comment tirer avantage des différents projets pour engager une démarche désilotée profitable à l’ensemble des acteurs du territoire ?

Cette vidéo constitue une introduction à l’approche Cisco en matière de Smart & Connected Communities.

Merci à l’IEEE et Paristech pour leur invitation et la prise vidéo initiale, le 20 décembre 2011 !
(propriété des images source : http://www.ieee.tv)

IPv6 & Smart Cities

Suite à une intervention de Fayçal Hadj, membre de la task force Cisco sur Ipv6, je souhaitais partager ici quelques élèments sur l’impact d’IPv6 pour les collectivités, à fortiori dans le contexte des Smart Cities.

UN PEU DE TECHNO : EVOLUTION VERS IPv6

IPv4 et IPv6 : qu’est-ce-que c’est ?

Tous les composants du système d’information utilisent une adresse IP (Internet Protocol) qui est leur identifiant pour tout échange informatisé. C’est un peu comme un numéro téléphonique qui identifie chaque composant, sauf que la liste est très longue : elle concerne aussi bien votre smartphone, le système d’exploitation de votre PC, l’imprimante réseau de l’entreprise, les adresses de vos sites web habituels…

Cet identifiant était normalisé en IPv4, un système d’adressage suffisant jusqu’en 2011 pour couvrir les besoins de communication des différents systèmes.

GoGlobe - 1 minutes d'échanges IP

60 secondes de communications IP
(source : http://www.GoGlobe.com)

La codification en 32 bits d’IPv4 n’est plus suffisante aujourd’hui pour faire face à l’explosion des smartphones et de l’informatique en général. Encore moins pour absorber l’internet des objets, où le grand nombre de capteurs de température, de pollution, de présence… nécessitant d’être identifié chacun par une adresse. C’est pourquoi une nouvelle normalisation IPv6, basée sur un codage 128 bits, offre un nombre d’adresses exponentiel suffisant pour couvrir les besoins imaginés à ce jour, et même ceux a imaginer dans le futur.

Pénurie IPv4… et bascule IPv6 concluante

Dès février 2011, l’institution IANA, qui régule au niveau mondial l’affectation des adresses IP, a déclaré avoir atteint le seuil de pénurie, le réservoir central étant totalement épuisé. Cela était jugé comme préoccupant mais pas encore inquiétant par les non-initiés, puisque les homologues continentaux de cet organisme, chargés chacun de la diffusion d’adresses IP sur leurs géographies, bénéficiaient encore de stocks secondaires relativement conséquents.
Or la pandémie s’est accélérée plus rapidement que prévu : dés avril 2011, l’APNIC, le diffuseur  pour l’Asie, annonçait une pénurie quasi-totale.  L’Europe est le prochain container à manquer de ressources, le RIPE (Réseaux IP Européens) estimant ne pas pouvoir tenir plus longtemps que fin 2012.

En parallèle, le World IPv6 Day mené le 8 juin 2011 sous la gouverne de l’ISOC a permis de tester une migration réelle vers IPv6 pour l’ensemble des opérateurs, utilisateurs et services bénéficiant d’IPv6. Le test de 24 heures réussi, un second test a été mené au Brésil pendant toute une semaine, en février 2012, en rencontrant le même succès. En clair, le monde continue à bien tourner après qu’une partie des systèmes aient migré vers un IPv6 natif. La cohabitation IPv4/IPv6 ne pose pas de problèmes spécifiques et n’est pas ressentie par les utilisateurs. Les dispositifs prévus par les opérateurs d’Internet ont bien fonctionné, écartant la crainte de revivre une nouvelle opération couteuse de passage à l’an 2000 où tous les systèmes avaient dû migrer le même jour.

Apres le 6 juin 1944 qui marqua le débarquement des américains en Normandie, le 6 juin 2012 verra le débarquement massif d’IPv6 dans l’Internet mondial. Ce nouveau D-DAY est appelé “World IPv6 Launch”, et se fera toujours sous le patronage de l’ISOC. Cette fois ci, ce n’est plus un test mais un déploiement en production avec la ferme intention de ne plus revenir en arrière. Le 6th Juin a 0 heure 00 TU, les géants du WEB (Google, Facebook, Yahoo, Bing…) et des centaines d’entreprises vont rendre leur contenu et applications accessible en IPv6 en plus d’IPv4. Les opérateurs participants s’engagent eux, à connecter au moins 1% des leurs utilisateurs en IPv6 natif avant le 6 juin et a connecter tous les nouveaux Internautes en IPv6, et ceci par défaut. Ces utilisateurs lorsqu’ils accèderont les sites et applications mentionnés précédemment, le feront en IPV6 , sans s’en rendre compte et de façon totalement automatique.
La Normandie sera bien présente à ce nouveau D-DAY, le Conseil Régional de Basse Normandie faisant assurément partie des clients connectés nativement, avec un réseau entièrement IPv6 et une infrastructure de communication (téléphonie et vidéo) qui a fait de lui le premier utilisateur mondial de la solution Cisco Communication Manager sur IPv6 dès 2009.

IPv6 launch
Engagement à des échanges natifs IPv6

A partir du 6 juin 2012, http://www.cisco.com sera accessible en production en IPv6  et IPv4. Au même moment, entre 70% et 80% de l’internet sera accessible indifféremment en IPv4 ou IPv6.

Et la France fait partie de la première vague !
Ainsi les statistiques publiées par Google, montrent que 0,55% des interrogations sur son site dans le monde sont réalisées en IPv6. La France arrive en tête avec 4,72%, notamment grâce à Free, dont la Freebox Révolution est activée en IPv6 par défaut et attaque ainsi directement en IPv6 les sites de Google, de Facebook… et également parce que SFR a commencé a activer les services IPv6 dans la 9box. Les autres operateurs suivront très prochainement.

PAS DE SERVICES AUX NOUVEAUX UTILISATEURS MOBILES SANS IPv6

Incontournable pour des services territoriaux accessibles à tous

Si le calendrier Maya s’arrête en 2012, ce ne sera pas le cas pour IPv4 ; la co-existence  d’IPv4 avec IPv6 va durer le temps qu’il faudra. Probablement de 5 a dix ans, le temps pour tous les systèmes installés de migrer vers IPv6.  C’est au moment de la migration de parc que l’on peut préférer déployer un système d’exploitation nativement IPv6, plutôt que de devoir changer le paramétrage de Windows XP poste par poste. Plus globalement, l’ensemble des briques de l’intranet devra évoluer pour passer progressivement vers IPv6.

Le recours aux applications en mode Cloud et l’accès quotidien à des services externes exigent que les collectivités s’assurent que ces ressources sont accessibles à tous leurs utilisateurs, dans les deux modes IPv4 et IPv6. Les opérateurs ne seront en effet bientôt plus en mesure de vous proposer un nouveau smartphone avec une adresse IPv4, compte tenu de la croissance de ce segment de marché et de la pénurie d’IPv4.  D’ailleurs les réseaux 4G/LTE utilisent IPv6 nativement.

Préconisations de l’Etat : la circulaire du 8 décembre 2011

Il convient aussi de penser aux utilisateurs externes et c’est ce que vient rappeler la Circulaire du 8 décembre 2011, publiée par le Ministère des Finances, du Commerce et de l’Industrie. Cette circulaire « relative à la prise en compte du protocole IPv6 dans les spécificités techniques des cahiers des charges des marchés publics » demande de prendre en compte :
1°) l’accessibilité des services territoriaux en IPv6.
2°) l’évolution progressive des cahiers des charges pour favoriser une nativité IPv6.

Comme souligné dans la circulaire, les fournisseurs d’accès internet et vos hébergeurs ont le plus souvent mis en place des mécanismes de translation (proxy) permettant à vos applications de s’affranchir de cette complexité IPv4/IPv6. Il appartient à chaque collectivité de vérifier que ses services sont accessibles de manière transparente pour les utilisateurs IPv6 externes.

Le nouveau touriste Chinois ou japonais doté d’un smartphone 4G ne saura accéder aux services territoriaux et autres applications opendata qu’en IPv6, puisque les opérateurs asiatiques ne peuvent plus délivrer d’adresses IPv4.  De même, le déploiement des Espaces Numériques de Travail (E.N.T.) pourrait buter sur le non-support d’IPv6 alors que l’accès mobile se généralise, pour les parents d’élèves comme pour les élèves eux-mêmes.

Etude sur la Mobilité : les dispositifs IPv6 natifs en plein essor !

Prenons ici quelques chiffres issus des études Cisco sur les évolutions du marché de la mobilité et le trafic Internet: Le marché des tablettes et des smartphones va exploser d’ici 2016, en passant de 280 millions d’unités installées en 2011 à près de 1,6 Milliards en 2016. La part des dispositifs supportant IPv6 va suivre le mouvement en passant de 38 % des dispositifs en 2011 pour atteindre près de 71% des dispositifs installés en 2016.

D’ici fin 2012, il y aura plus de dispositifs mobiles connectés que d’habitants sur la planète.
En 2016, on atteindra 1,4 dispositifs mobiles par personne, soit plus de 10 milliards de dispositifs connectés, incluant le machine-to-machine (M2M), qui représente à lui seul près de 7,3 milliards d’objets connectés (plus que la population mondiale).
L’histoire s’écrit rapidement et le passage étalé vers IPv6 risque de durer moins longtemps que l’évolution de la pompe à essence « Super » vers la pompe « Sans Plomb »…

IPv6, le langage de la Smart City

A l’heure où les villes élaborent leurs projets de Smart Cities, elles doivent prendre en compte cette dimension IPv6, sans laquelle il pourrait s’avérer à terme fort couteux et peu judicieux de ne pas avoir intégré un questionnement IPv6 dans ses procédures d’appels d’offres. L’internet des objets ne saura se passer d’IPv6,

  • quel que soit le champ d’application, de SmartGrid, à la prévention des risques naturels et environnementaux, en passant par la gestion d’un bâtiment intelligent et l’amélioration de la fluidité urbaine
  • et quel que soit le mode d’accès, s’agissant d’une requête personnelle ou d’une transaction entre systèmes (M2M).

Cela dépasse très largement le cadre de l’informatique interne.
La DSI peut néanmoins aider à comprendre et à relever ces challenges.

La collectivité peut aussi tirer avantage des nouveaux services ’IPv6.

IPv6 n’est pas qu’une évolution de norme. Ce sont aussi de nouvelles fonctions pour améliorer les services à l’utilisateur. Ainsi en IPv4, et lorsque des mécanismes de partage d’adresses publiques sont mis en œuvre, une adresse IP publique flottante correspond à plusieurs utilisateurs. Chaque adresses IPv4 publique pouvant êtrepartagée entre des centaines voire des milliers d’utilisateurs, on peut comprendre que des politiques de sécurité, de protection ou de filtrage pur et simple, peuvent impacter des milliers d’utilisateurs, alors qu’un seul d’entre eux aurait un comportement litigieux ou frauduleux. Ceci entrainera des problèmes de satisfactions des clients ou usagers.

Avec IPv6, l’adresse est strictement personnelle. Elle offre de plus un caractère géolocalisé (on connait la provenance continentale de chaque adresse IPv6) qui permet de rajouter si nécessaire des contrôles de sécurité qui intéresseront les services financiers et bancaires comme les collectivités, au moment où le NFC (NFC pour Near-Field Communication), le paiement sans contact, se généralise. Une usurpation d’identité pourrait être décelée par le fait que la demande de remboursement d’un service de transports, de billeterie ou tout autre service local, provienne d’un ordinateur dont l’adresse IPv6 indique qu’il est situé sur un autre continent.

La migration vers IPv6 marque une nouvelle étape de la maturité des systèmes d’information. Elle démontre aussi que le système d’information dépasse le strict cadre des systèmes de gestion; il s’est imposé comme un élément clé dans la communication entre la Collectivité et le Citoyen.
Les collectivités doivent s’emparer de cette question IPv6 pour faire en sorte que les smart cities deviennent durablement des territoires permettant à toute sorte de nouveau service de se développer, au meilleur coût, en s’appuyant sur ce standard de la communication entre systèmes et/ou vers l’Internet. Alors, êtes-vous IPv6 ready ?

IPv6 ready ?

Pour plus d’info :

Blog Cisco IPv6: http://ipv6blog.cisco.fr/
Acteurs Publics : Tribune IPv6 et les services innovants par Robert Vassoyan, Directeur Général de Cisco France
Prévisions Cisco sur le trafic mondial en mobilité : Cisco VNI
Cisco Mag : IPv6, l’affaire de tous
Légifrance : Circulaire du 8 décembre 2011

Le jeu de données à la Nantaise

Nantes s’est lancée dans l’OpenData et soutient l’émergence de nouveaux services basés sur ses données publiques.

« Le portail http://data-nantes.fr propose actuellement une quarantaine de jeux de données de gestion et géographiques, avec une priorité sur les thématiques de la mobilité, de l’environnement et de la culture. » (source : communiqué de presse Opendata Appel à Projets)

Le concours à projets est doté de 50 000 euros répartis sur plusieurs lots.
Soumettez vos projets jusqu’au 18 mai 2012 !

Nantes accueillera également du 21 au 25 mai la semaine européenne de l’open data.

Pour en savoir plus :
Tous les renseignements sur : http://data.nantes.fr
Blog de LiberTIC
FING :Semaine de l’opendata du 21 au 25 mai